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 La rhétorique du toucher dans le roman du XIX siècle.

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imane



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Date d'inscription : 25/11/2009
Age : 28

MessageSujet: La rhétorique du toucher dans le roman du XIX siècle.   Mer 25 Nov - 21:13

Tout dans la littérature est bâti sur l'œil. « L'œil, une main », disait souvent Manet. Les impressionnistes ont vite compris et ont mis en pratique cette philosophie. Cette formule de Manet résume exactement la promptitude de ce qu’était, pour les impressionnistes, le trajet de la perception du monde sensible. La littérature à son tour avait son mot à dire. C’est ce que j’essaierai de montrer par le biais de mon intervention intitulée « La rhétorique du toucher dans le roman du XIX siècle ».

Dans notre intervention nous allons traiter l'un des plus essentiels sens à savoir le toucher. Dans le roman du XIX siècle, le toucher a connu plusieurs changements. C'est ainsi que nous allons suivre l'évolution et le passage du toucher d'un toucher chaste à un toucher adultère. Mais commençons d'abord par définir le toucher.

Le toucher selon le Littré est " l'acte de sentir un objet avec la main". Le Robert le définit comme " l'un des cinq sens traditionnels, correspondant à la sensibilité cutanée qui intervient dans l'exploration des objets par palpation." C'est " l'acte d'entrer en contact avec (qqn, qqch.) en éprouvant des sensations" ou encore" l'acte d'avoir des contacts érotiques, des relations sexuelles avec (qqn)". Selon ces définitions, nous constatons que le toucher est le contact physique avec quelque chose ou quelqu'un. Dans la littérature du XIX siècle, nous trouvons ce genre de toucher sous deux formes: un toucher chaste notamment avec le courant idéaliste et un toucher adultère avec le courant naturaliste.
Pour le toucher chaste nous le trouvons, par exemple chez Eugène Fromentin dans son roman [i]Dominique [/i]qui est le chef-d'œuvre du roman idéaliste. Dans ce roman il s'agit d'une histoire d'amour impossible mais au même temps un amour platonique entre deux personnages Dominique et Madeleine. Cet amour était, au long de tout le roman, un amour qui passe par les yeux puisque Madeleine rejette toute tentative d'aveu faite par Dominique. En sachant qu'elle est la cause des troubles de Dominique, elle lui a proposé de faire des promenades afin de l'aider à l'oublier. Lors de ces promenades; Madeleine et Dominique se tenaient par la main, mais jamais Dominique ne donnait de l'importance au corps qui est à côté de lui mais plutôt à la personne dans sa totalité. Pour lui, le côté le plus intéressent chez Madeleine c'est son côté affectueux et respectueux. Et les parties du corps qui l'intéressaient le plus et qui le captivaient étaient le sourire et surtout les yeux de sa souveraine.
Pendant les soirées de danses organisées par Madeleine, Dominique n'osait pas danser avec elle parce qu'il craignait que les folies de son amour le conduisent au désir charnel. Il craignait rendre sa pure passion matérielle. Certes, il voulait que son amour soit partagé mais il ne voulait pas qu'il soit concrétisé. C'est ainsi que même le baiser échangé à la fin du roman était un baiser chaste avec lequel les deux personnages prouvaient l'ardeur de leur passion. D'ailleurs, ce baiser avant qu'il soit échangé était volé. Ainsi, nous pouvons dire que cet échange n’est qu’une sorte de faire sortir un amour brûlant d'un silence tuant et de le faire vivre.
Durant le séjour aux Trembles, ces deux personnages parcouraient les champs et les montagnes. Pourtant Dominique n'a jamais abusé de cette situation pour lier un amour charnel avec cette rose qui était près de lui, même s'ils avaient les mains dans les mains.
Ce toucher chaste ne se trouve pas seulement entre des amants mais aussi entre des amis et les membres de la famille.
Au cours des déceptions de Dominique, celui-ci se rend toujours à Augustin son précepteur et son ami. Ce dernier tantôt le serre et tantôt le caresse pour diminuer ses malheurs et ses douleurs. De même, nous trouvons ce genre de toucher entre Dominique et Mme de Ceyssac sa tante qui est, pour lui, une mère. Elle le caressait et le prenait dans ses bras lorsqu'elle le voit triste et malheureux.

A l'encontre d'Eugène Fromentin et du courant idéaliste, en général, nous trouvons une autre vision du toucher avec le courant naturaliste.
Prenons à titre d'exemple [i]Thérèse Raquin [/i]de Zola. Dans ce roman il s'agit d'un amour coupable entre deux personnages, Thérèse et Laurent, qui tombent dans l'adultère. Cet adultère les amènera au crime en tuant un mari qui ne leur formait même pas un obstacle; ensuite il les amènera à la mort. Les deux personnages choisissent le suicide comme une délivrance des maux de leurs corps.
Thérèse ayant 21 ans, suite au dessein de sa tante Mme Raquin, se trouve épouse de son cousin Camille au corps maladif et à l'odeur fade. Ces deux caractéristiques dégoûtaient Thérèse qui n'arrive pas à atteindre son désir charnel avec un mari presque toujours malade. En revanche, Laurent avait un corps fort, avec des épaules larges et carrées, un cou gras et puissant, des lèvres rouges, des bras fermes et des muscles bien développés qui sont apparents malgré les vêtements. Je cite:"elle n'avait jamais vu un homme. Laurent grand, fort, le visage frais, l'étonnait." Bref Laurent avait un corps d'un vrai homme ce qui causait des frissons à Thérèse dès leur première rencontre.
C'est alors que toujours ennuyée, froide et presque morte à cause du mari, Thérèse tombe dans l'adultère. Elle fait de Laurent l'amant et le refuge pour qui elle était toujours presque nue en portant des habits qui laisse paraître son corps. Elle se préparait soigneusement en mettant du parfum qui augmentait la beauté de sa chair Afin d'émerveiller Laurent. Ainsi, pour elle, la séduction est devenue un devoir. Thérèse, comme Laurent, éprouvait un grand plaisir et une joie extrême lors du contact charnel avec puisqu'elle n'a pas découvert ce plaisir pendant sa première expérience sexuelle avec son mari en vue que ce dernier n'était pas à la hauteur de ses espérances.
Cette nouvelle vie sexuelle fait de Thérèse une femme vive et éveille en elle l'africaine sauvage et le charme discret. Ce qui aveuglait Laurent qui reste ébahi devant ce corps fin qui mérite d'être peint, devant cette créature de rêve qui laisse admirer son corps. C'est ainsi que la beauté féminine l'emporte sur la raison et l'intelligence de l'homme. Mais ce plaisir charnel rend Thérèse une criminelle qui, après avoir trahi son mari et la confiance de sa tante, cherche à tuer Camille, qui est avant tout son cousin, pour vivre en liberté avec son amant.
Laurent, lui aussi, tombe dans la trahison puisque en faisant l'amour avec Thérèse il trahit son ami Camille. D'ailleurs, Thérèse et Laurent profanent le lien sacré du mariage étant donné que la consommation de l'amour se fait dans le lit nuptial de Camille et de Thérèse durant huit mois.
Ensorcelé par le charme du corps de Thérèse, Laurent accepte le dessein de tuer Camille en le jetant dans la Seine. Comme chaque crime qui doit être payé, les deux personnages souffrent après le meurtre de Camille. Ils n'arrivent ni à dormir ni à se voir non plus à faire l'amour et c'est cela qui était la grande souffrance pour eux je cite:" bah! Reprit-il, Thérèse guérira cela… quelques baisers suffiront… que je suis bête à songer à ces choses".
Néanmoins, nous constatons que ces deux personnages ne s'aiment pas. Ils ne cherchent que le corps de chaqu' un d'eux. Thérèse se donne à Laurent pour fuir le corps squelettique et l'odeur écoeurante de son mari. Laurent, quant à lui, il abuse de l'occasion puisqu'il a eu un corps jeune et frais sans qu'il paye le moindre sous. C'est alors que nous pouvons dire qu'entre les deux personnages, il s'agit d'un amour purement charnel et matériel qui se fait dans l'illégitimité et dans la cachette. Le charme de cet amour coupable se perd avec les noces du mariage des deux personnages. En se mariant, Thérèse et Laurent ne s'aiment plus, au contraire, ils se haïssent. Le corps de Thérèse qui était, jadis, un remède pour Laurent est devenu un objet qui reçoit ses coups lors de ses crises de nerfs. C'est alors que l'un cherche à tuer l'autre. Thérèse en cachant un couteau et Laurent en cachant du poison.
Lorsqu'ils découvrent mutuellement leurs intentions, ils décident de se suicider en buvant le poison du même verre.


A partir de cela, nous pouvons dire que l'amour au XIX siècle a connu un changement ce n'est plus "je le vis, je palis, je rougis à sa vue." Ou bien "leurs yeux se rencontrèrent" mais plutôt c'est leurs bouches se rencontrèrent" c'est "leurs lèvres se rencontrèrent".

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