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 « Remarques sur quelques apories de la pragmatique » François Latraverse

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newstyle1236



Messages : 12
Date d'inscription : 24/11/2009

MessageSujet: « Remarques sur quelques apories de la pragmatique » François Latraverse   Sam 27 Fév - 15:39

Il est des mots qui se trouvent à une époque donnée l'objet d'un souci
particulier, parce qu'un parfum de modernité s'attache à eux qui semble pouvoir
transformer toutes choses qu'ils désignent, en une opération analogue à celle qui a
fait, parait-il, la fortune et le malheur de Midas. Dans une certaine mesure,
«pragmatique» est un de ces mots. Né quelque part entre sémiotique générale et
philosophie, dans une filière dont les noms principaux sont ceux de Peirce, Morris,
Carnap, Bar-Hillel, il a eu tôt fait de migrer hors de ces contrées pour s'étendre avec
une vitesse de dispersion remarquable dans à peu près tous les domaines préoccupés
de langage et de représentation. C'est dire qu'il n'appartient à personne en particulier
et que chaque discipline en construit le sens en fonction de ses cadres conceptuels,
de ses problèmes et de son vocabulaire1. Bar-Hillel faisait ainsi remarquer, i l y a
fort longtemps, que la sémantique des linguistes était la pragmatique des logiciens
et qu'il était par conséquent bien difficile de soumettre l'appellation «pragmatique» à
des conditions d'assignation univoques.
En 1979, un colloque s'est tenu à Urbino, consacré à l'exploration des
«possibilités et limitations de la pragmatique»2. La nécessité semblait déjà
s'imposer d'un examen — à la fois récapitulatif et prospectif — du champ
pragmatique, dont on entrevoyait les possibilités inflationnistes. Un tel examen
1. Dam La pragmatique: histoire et critique (Bruxelles, Pierre Mardaga, coll. Philosophie et langage,
1987), j'ai tenté un examen de la pragmatique dans un esprit philosophant Mon ambition en écrivant cet ouvrage n'était
pas de couvrir le territoire pragmatique dans son entier (ce qui constituerait un travail autrement plus considérable que
celui que j'ai accompli, mais qui correspond néanmoins à l'ambition de certains auteurs) que d'examiner les conditions
sous lesquelles i l se distingue des territoires avoisinants (en particulier du territoire sémantique) et quels types de
relations il est susceptible d'entretenir avec eux.
2. Voir Possibilities and Limitations of Pragmatics, sous la direction de Parret, H., M. Sbisà et J.
Verschueren, Amsterdam, John Benjamins B.V., 1981.
234 FRANÇOIS LATRAVERSE
était commandé à parts égales par le développement considérable de divers travaux
logés à cette enseigne dans plusieurs secteurs de la théorie du langage (il y avait là
des philosophes du langage, des logiciens, des linguistes, mais aussi des psychosociologues
de la communication ou des théoriciens du discours) et par une espèce
d'engouement (parfois proche du délire lexical) pour tout ce qui pouvait recevoir ce
nom et s'en trouver soudainement métamorphosé. Je ne plaisante qu'à moitié, car
on a pu constater dans plusieurs milieux un exercice rituel très prisé, qui consiste à
rebaptiser des choses ou des activités anciennes et ordinaires dans l'espoir que la
nouvelle appellation suffise à elle seule à changer le sens de ce qu'on fait Les
philosophes et les linguistes, qui sont gens mesurés, donnent peu d'exemples de ces
pratiques, qui sont cependant monnaie courante dans d'autres milieu concernés par la
chose sémiotique. Un autre trait constant de l'invocation pragmatique est ainsi
également de rassembler sous l'unité d'une appellation commode tous les travaux
qui saisissent le langage dans ses pompes et dans ses oeuvres et comme le mot
«pragmatique» a une belle capacité d'accueil, i l a à cet égard des mérites
incomparables.
On pouvait par ailleurs recevoir le titre de ce colloque comme une invitation à
examiner le domaine pragmatique dans deux directions: vers l'arrière (les possibilités
de la pragmatique étant ce qui a déjà été conquis) et vers l'avant (ses limitations
étant ce qui lui résiste encore). Il y a des tempéraments mettons optimistes
auxquels cette façon de voir les choses convient et qui trouvent à chaque obstacle
matière à orchestrer des programmes de recherche; il y a aussi d'autres tempéraments
(et qui ne sont pas forcément seulement pessimistes) pour qui l'évaluation d'un
domaine du savoir passe moins par la recension de ses problèmes objectifs ou
réputés être tels que par un examen de la conceptualité qu'il met en oeuvre et des
critères de distinctive qu'il se donne. Pour dire les choses rapidement, on peut
aussi avoir à l'endroit de la pragmatique des préoccupations de type «fondationnel».
La question du fondement pragmatique peut cependant elle-même s'entendre en deux
sens: comme celle de ce qui donne à la pragmatique son fondement et comme celle
du fondement pragmatique qu'une chose réputée non pragmatique peut trouver.
C'est dans l'espace de ces deux sens que je voudrais construire ce rapide
questionnement.
SUR QUELQUES APORIES 235
À un niveau général, on dispose d'un certain nombre de caractérisations
intuitives de la pragmatique qui se manifestent dans ce que j'appellerai des
«définitions propédeutiques». Des exemples de telles définitions sont fournis par
les critères souvent invoqués de la référence faite aux usages, aux usagers ou aux
contextes, qu'on trouve au liminaire — et parfois tout au long — d'un grand
nombre de travaux, dans des textes généraux de théorie du langage et dans des textes
consacrés à la pragmatique elle-même. On a, pour choisir des horizons intellectuels
bien démarqués, des définitions de ce genre aussi bien chez Carnap, qui a beaucoup
fait pour le durcissement des critères de distinctivité pragmatique en philosophie du
langage, que chez Katz, pour qui la pragmatique, c'est la sémantique «au niveau de
la performance». La question est autant de savoir si ces critères — et d'autres qui
leur sont apparentés — parviennent à abattre la besogne qui leur est dévolue que de
savoir quelle est la nature de cela qui leur échapperait et quelle garantie ils
présentent de saisir des aspects spécifiables des phénomènes retenus3.
Ce n'est en effet pas parce qu'un nom circule qu'il désigne ipso facto une
réalité et ce n'est pas parce qu'une réalité est désignée autrement qu'elle se distingue
assurément de ce qui a été reconnu auparavant II est concevable—cela me semble
même pouvoir être observé souvent — qu'un discours pragmatique ne fasse rien de
plus que redoubler un discours sémantique, en ne s'en distinguant que par la
perspective à partir de laquelle il s'énonce. Une perspective, si elle permet de voir
les choses avec une profondeur et sous un angle particuliers, n'est pas encore une
théorie et il demeure toujours possible que la pragmatique résume davantage des
conditions du théorique qu'elle ne donne directement lieu à une théorie constituée.
Il faudrait cependant une certaine mauvaise foi ou un certain aveuglement pour
dénier une quelconque maturité théorique à l'étude des actes de langage, des
implicatures conversationnelles ou de l'indexicalité. Les travaux poursuivis dans
ces domaines sont au contraire parvenus à des fonds théoriques indubitables, qui ne
posent guère que la question de leurs relations avec la caractérisation des autres
objets, syntaxiques ou sémantiques. On peut distinguer à cet égard trois cas de
figure. La situation extrême, qui est aussi la plus courante, est l'extériorité: le
discours pragmatique est sans portée quant aux objets sémantiques et syntaxiques
3. On trouvera dec illustration! de ces difficultés dans Katz, JJ., Illocutlonary Force and Propositions!
Structures, New York, Crowell, 1977 et dans Searle, J.R., «Le sens littéral». Langue française, 42,1979, pp. 34-47
(repris dans Sens et expression, Paris, Minuit, 1982, pp. 167-188).
236 FRANÇOIS LATRAVERSE
car i l s'établit dans un espace qui leur est étranger. Nous aurions d'une part des
structures, pourvues d'une histoire dérivationnelle plus ou moins longue ou plus
plus ou moins profonde selon vos allégeances théoriques, de même qu'un certain
nombre d'ingrédients logico-sémantiques assurant que ces structures sont porteuses
d'un contenu, et d'autre part la somme des croyances, des principes rationnels
auxquels obéissent les locuteurs, les contextes de parole dans lesquels quelque chose
est donné à entendre, etc. La situation intermédiaire est celle de l'influence
ponctuelle, qui se montre dans la nécessité de prendre en compte des données
pragmatiques dans la caractérisation de la forme et du sens. Les exemples abondent:
conditionnement de la forme des interrogatives par les actes de langage produits,
dépendance de la décomposition lexicale par rapport à la connaissance du monde,
sensibilité de la grammaticalité aux univers de croyance des locuteurs, interfaces
entre les présuppositions sémantiques et les présuppositions pragmatiques, pour
n'identifier que les phénomènes qui ont fait l'objet d'un travail approfondi. Le
troisième cas de figure est celui de la répétition, où le discours pragmatique est une
reformulation d'un autre discours. Cette situation a une certaine ancienneté. Déjà
chez Carnap et Reichenbach, on considérait la possibilité de traduire les uns dans les
autres énoncés pragmatiques et énoncés sémantiques4; d'une manière plus générale,
une conscience pragmatique mûre peut conduire à des réaménagements d'expression:
ne dites pas «cette expression désigne cet individu», mais dites «cette expression est
utilisée pour désigner cet individu» ou mieux «X désigne cet individu au moyen de
cette expression dans ces circonstances» et vous progresserez dans une direction
pragmatique adéquate.
Mais un autre aspect, moins trivial, de l'idée de traduction joue un rôle
essentiel dans la pragmatique contemporaine. Il s'agit de la nécessité de traduire ce
que j'appellerai le vocabulaire pragmatique fondamental dans des termes spécifiques.
Des termes comme «contexte», «locuteur», «usage», «énonciation» désignent
certainement quelque chose mais cela qu'ils désignent n'est pas une chose
4. Dans Introduction to Semantics, Cambridge, Cambridge University Press, 1942, Camap appuyait la
distinction entre syntaxe, sémantique et pragmatique sur la référence faite soit aux expressions, soit aux designata, soit
aux locuteurs et trouvait dans la factualité des langues naturelles un motif suffisant pour postuler un fondement
pragmatique à la linguistique tout entière; i l était ainsi possible de ref bxmuler dans des termes pragmatiques tout énoncé
syntaxique ou sémantique, en substituant par exemple à renoncé «X est un prédicat», renoncé «la population qui parle L
utilise X comme un prédicat», etc. Dans Elements of Symbolic Logic, New York, The Free Press, 1947,
Reichenbach considère pour sa part la traductibilité du mode pragmatique en un mode sémantique, ce qui l'amène à des
conclusions discutables, lorsqu'il estime que «Sortez!» fonctionne sous un mode pragmatique — parce que sa force
imperative ne peut être niée — et que «Je souhaite que vous sortiez» fonctionne sous un mode sémantique parce qu'il
décrit un fait
SUR QUELQUES APORIES 237
mais un ressort explicatif dans un jeu complexe, où on a affaire moins
à des ingrédients objectifs qu'à des construits définis selon des perspectives
théoriques.
Il me semble difficile de penser qu'au mot «pragmatique» correspondent un
domaine et des objets tels qu'ils se juxtaposeraient aux domaines et aux objets
traditionnellement sanctionnés par la sémantique, n me semble plutôt que ce mot
indique, veut indiquer une théorie du sens dont l'orientation est sensible à la
dimension pratique de ce qui se passe lorsque les gens se parlent II est évidemment
important de ne pas exagérer les prétentions d'une théorie, fût-elle philosophique, à
saisir la réalité des transactions linguistiques et à restituer ce sur quoi nous tablons
lorsque nous entreprenons de faire cet acte singulier qui consiste à communiquer.
Bien qu'il n'y ait pas de séparation de principe entre la «réalité» du discours et le réel
d'une théorie, la projection sur la pratique des locuteurs et sur les conditions de cette
pratique des postulats de nos théories devrait faire l'objet d'un certain nombre de
mesures de prudence.
Deux des principales notions pragmatiques sont sans contredit celles de
contexte et dénonciation, qui ont le rare mérite de faire l'unanimité aussi bien à
l'intérieur de «disciplines» comme la philosophie ou la linguistique que dans la
totalité des entreprises sémiotiques. Ce que ces notions disent, considérées en ellesmêmes,
est une évidence incontestable: le langage ne se tient pas tout seul, les
éléments qui composent ce que nous voyons et entendons ont été produits, ils
s'inscrivent dans une perspective d'action et s'appuient sur des circonstances. On
s'aperçoit cependant que ce qui dans leur évidence fait la force de ces notions est en
retour raison de leur faiblesse, car leurs conditions d'assignation varient
proportionnellement à leur extension et sont soumises à des problèmes
d'explicitation passablement décourageants. C'est sur cette difficulté conceptuelle
que j'aimerais faire quelques commentaires.
Bien avant les déploiements pragmatiques des dernières années, Todorov faisait
déjà remarquer en 1970 à propos de la notion dénonciation:
«L'énonciation n'est-elle pas cette condition qui rend
possible tout discours mais qui, pour cette raison
même, ne saurait jamais en faire partie [...]; n'est-elle
pas cet envers sans lequel l'endroit est impossible mais
238 FRANÇOIS LATRAVERSE
qui perdrait ses propriétés dès qu'on essaye de l'inclure
dans F «endroit». Nous ne connaîtrons jamais que des
énonciations énoncées, c'est-à-dire un discours dont
renonciation restera toujours à énoncer; celle-ci
constitue ainsi l'archétype même de l'inconnaissable
»^.
En dépit de la confusion qui la marque à propos de la notion dénonciation
énoncée, cette observation contient un élément qui va au coeur du problème, à
savoir que saisir renonciation serait saisir les conditions du discours; or, i l y a
plusieurs types de conditions qu'une conception plus ou moins libérale (ou plus ou
moins suicidaire) de renonciation peut prendre en compte.
1. On doit d'abord mentionner des conditions matérielles comme: avoir un corps,
disposer d'un appareil phonatoire ou scripturaire, occuper une position dans le
temps et dans l'espace, etc. Ces conditions sont à chaque fois auto-réalisées.
2. Il y a ensuite des conditions «anthropologiques» de l'ordre du vouloir-dire, de
l'intention, d'une part, de la stratégie, du plan, etc., d'autre part. Ces conditions
sont elles aussi auto-réalisées.
3. On doit aussi compter des conditions de l'ordre du contexte: paramètres
situationnels. Conditions auto-réalisées, dans la mesure où on ne parle
toujours que dans un contexte, mais cela ne signifie pas que le contexte soit
une notion assignable. Il se manifeste à l'envi que le contexte, comme
détermination de renonciation, peut se déplacer de l'étroit au large et du large à
l'étroit.
4. Les conditions de l'ordre de la procédure et de l'opération sont sans doute les
plus générales qu'une sémiotique de renonciation peut rencontrer: confection
des énoncés, des tableaux, des dispositifs, des séquences filmiques, etc. Dans le
passage de la matière ou de la substance à la forme, différents types
d'organisation peuvent être construits. Les conditions afférentes au principe de
l'organisation sont auto-réalisées, mais les conditions afférentes aux opérations
substantives sont le plus souvent de l'ordre de l'hypothèse: nous savons peu de
chose sur ce qui se passe dans la tête des gens. Une conception séquentielle de
renonciation y échappe sans doute: les agents font, disent, écrivent une chose
puis une autre (une chose par-dessus une autre), c'est ainsi que le montage
énonciatif se fait, que la trame de l'«énonciation énonçante» se déroule.
S. Todorov, T., «Problèmes de renonciation», Langages, 17,1970, p. 3.
SUR QUELQUES APORIES 239
5. On comptera finalement des conditions de Tordre de la signification. Vue du
point de vue de la communication, la signification se nourrit de tout ce qui est
identifié comme pertinent et se construit évidemment aussi sur les conditions
posées plus haut Ce sont (aussi) des corps qui parlent, ce sont des actes de
langage qui sont effectués et des énoncés en contexte qui sont interprétés.
L'agencement de l'énoncé (c'est-à-dire sa structuration) est la condition même de
la signification (c'est ce qui fait que la sémantique repose sur une syntaxe); dans
le cas où une part importante de la signification survit aux modifications de
l'agencement, la modification peut être vue comme stylistique et la différence
sémantique peut être vue comme un effet énonciatif (selon que je dis
«Marquise, vos doux yeux me font mourir d'amour» ou «D'amour, Marquise,
vos doux yeux me font mourir», je dis à la fois la même chose et autre chose
(Frege appelait ainsi «Fârbung» (coloration) cette partie du sens qui n'affecte
pas les valeurs de vérité des propositions.)
Ces cinq types de cognitions correspondent à un certain nombre de traces, qui
nous permettent de les penser, mais ces traces peuvent être de deux types: 1. celles
qui ne peuvent être comprises qu'en référence à un processus effectif (Peirce rangeait
les index dans le domaine de l'existence); cela comprend les marques de renonciation
énoncée, mais ne se limite pas à elles: «ici» et «maintenant» sont liés
énonciativement, mais montrent renonciation plus qu'ils ne l'énoncent; 2. les
marques du faire (qui comportent un taux ^individuation), marques qui donnent
quelque chose à voir, à entendre ou à lire. La part faite à renonciation et le sens
qu'elle a varient évidemment selon les circonstances et les domaines: écrire un
théorème en rouge peut servir à attirer l'attention sur lui mais pas à le faire
comprendre, faire une déposition devant la Commission des droits de la personne
sur un air de «My Fair Lady» peut avoir des effets intéressants mais qui n'affectent
pas la vérité, etc.
Si renonciation est le grand opérateur polymorphe qui crée de
l'information, celle-ci est soumise à un certain nombre de conditions et à un
certain nombre de mesures. Parmi les conditions, on peut mentionner la lisibilité
(visibilité, «audibilité»), l'interprétabilité (pour un grand nombre de cas, «by ail
means» tous les énoncés en langue naturelle) et l'itérabilité. Parmi les mesures doit
figurer un calcul de l'individuation et de la pertinence: une unité n'est une unité et
240 FRANÇOIS LATRAVERSE
n'est une unité pertinente que dans un système (lorsqu'une systématicité est
perceptible) et selon une perspective. Une relativité analogue caractérise le
contexte, dont la capacité d'accueil est elle aussi impressionnante (le terme contexte
désigne alternativement ou simultanément des déterminations spatio-temporelles,
des croyances et des savoir-faire, des énoncés et des événements). Devenu
l'environnement familier du sens, le contexte est de plus écartelé entre ce qu'on peut
établir comme le point de vue des locuteurs et la reconstruction qu'une théorie en
fait afin de retracer les références d'un ensemble d'expressions ou de décider de la
force illocutoire dans les cas où une variation contextuelle suffit à faire la différence.
L'intérêt contemporain pour renonciation répond à la volonté de dépasser la
surface de l'énoncé vers la profondeur de processus et d'opérations, à la volonté de
dépasser la limite de l'énoncé vers l'alterné du contexte et de l'action et, par voie de
conséquence, à la volonté de combler le fossé qui sépare (séparait) la théorie du
langage et celle du sujet: la thématisation du sujet de renonciation (par opposition
au sujet de l'énoncé), agrémentée de toutes les réponses fournies à la question
rituelle «qui parle?», s'ouvre dans de nombreuses direction
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